Syndicat national de l'édition

  • Communiqué de presse

École primaire : un constat alarmant

Paris, le 26 mai 2020

La continuité pédagogique a révélé la pénurie de manuels scolaires au primaire, alors que les écoles et les familles se sont précipitées sur les versions numériques gratuites mises à disposition par les éditeurs pendant le confinement. Beaucoup ont ainsi redécouvert les atouts solides d’un outil de moins en moins présent dans les écoles depuis plusieurs décennies : le manuel scolaire. Ce constat oblige à réagir afin de replacer ce manuel au cœur de l’enseignement.

Continuité pédagogique au primaire

Dès la fermeture des établissements le 16 mars 2020, les éditeurs ont mis à la disposition de tous des outils adaptés à la continuité pédagogique, en ouvrant la consultation à distance gratuite de leurs manuels numériques. Le 12 mars, Les Éditeurs d’Éducation ont informé le ministère de l’Éducation nationale de cette initiative, ainsi que les enseignants, les parents et les élèves, afin de permettre l’organisation de l’enseignement à distance.

Cet accès généralisé aux manuels a été salué par toute la communauté éducative. Les statistiques des différentes plateformes montrent à quel point ce dispositif était nécessaire et la place centrale du manuel dans l’enseignement : sur 2 mois de fermeture des écoles primaires, des centaines de manuels ont été mis à disposition et plusieurs millions d’utilisateurs (enseignants et familles) se sont connectés sur les différentes plateformes.

Ces plateformes ont pallié le manque significatif de manuels au niveau primaire : les élèves, très peu équipés dans leur classe et pas – ou peu – en numérique, se seraient retrouvés du jour au lendemain sans support pédagogique pour suivre leur enseignement à distance.

Les Éditeurs d’Éducation constatent que pendant la période de confinement, le manuel a été plébiscité comme un outil indispensable aux différents apprentissages et saluent l’inventivité des enseignants qui ont su en élargir les usages aux nouvelles situations d’enseignement imposées par le confinement. Ces nouveaux usages constitueront à coup sûr de nouvelles sources d’inspiration pour les auteurs des manuels et leurs éditeurs.

Le constat : des inégalités criantes

Aujourd’hui, il n’est plus nécessaire de démontrer que les manuels sont utilisés par l’ensemble de la communauté éducative. Pourtant, et bien que le ministère rappelle régulièrement l’importance de l’apprentissage des fondamentaux sur des supports structurés et de qualité, l’élémentaire ne fait plus partie des priorités d’équipement.  Déjà, en 2012, les mairies ne dépensaient en moyenne que 13 euros par élève et par an pour équiper les élèves du primaire en manuels, avec une forte disparité territoriale.

La période de confinement a également mis en exergue les inégalités entre les familles face à l’école : au-delà de la fracture numérique qui a mis en difficulté les familles les moins équipées, les parents plus aisés achètent des cahiers de révision (le segment du soutien scolaire en parascolaire a cru de près de 50% sur les premiers mois de l’année) pour faire travailler leurs enfants tandis que d’autres ne peuvent apporter aucun soutien aux leurs.

Or, le manuel, s’il est mis entre les mains de tous les élèves, peut-être un instrument de réduction des inégalités. C’est une ressource réalisée par des professionnels de l’éducation :

  • qui structure les apprentissages des enfants grâce à des leçons et des parcours pédagogiques de manière progressive durant toute l’année scolaire ;
  • qui est conforme aux programmes définis par le ministère de l’Éducation nationale ;
  • qui permet aux enseignants d’organiser leurs cours et de pratiquer la différenciation ;
  • qui, grâce à de multiples activités, accompagne les progrès de tous les élèves ;
  • qui, par la diversité de l’offre, entraîne richesse, qualité et innovation ;
  • qui tisse un lien entre l’école et les parents tout au long de l’année ;
  • et qui est parfois le seul livre présent au sein de la famille.

En 2016, la dernière réforme aurait dû conduire au renouvellement complet des manuels. Mais les communes ne renouvellent en moyenne que 15 à 20% des manuels par an, avec là aussi de fortes disparités territoriales. À l’issue de la réforme, seuls 4 élèves sur 10 étaient équipés de manuels conformes aux programmes.

L’école élémentaire est pourtant une priorité de l’Éducation nationale, avec une attention particulière portée aux fondamentaux. Ainsi, le ministère actuel a fait sensiblement évoluer les programmes du premier degré en publiant régulièrement circulaires, guides, clarifications des programmes et repères annuels de progression. Ces évolutions ont demandé une refonte des manuels aussi complète que lors d’une réforme des programmes, et nécessitent pour être suivies d’effet, l’équipement des tous les élèves en  manuels conformes aux instructions ministérielles.

Le ministre a affirmé sa volonté de voir tous les élèves avec un manuel entre les mains. Il faut donc garantir aux professeurs des écoles la possibilité de choisir des livres scolaires à jour.

La solution proposée

Afin de rétablir l’égalité républicaine, et de pallier au moins en partie les effets des profondes perturbations subies par les élèves suite à la crise sanitaire, nous proposons que l’État abonde au budget des communes pour garantir un équipement minimum en manuels à tous les élèves de France. Les mairies pourraient ainsi décider d’allouer directement les budgets aux familles, grâce à des cartes d’achats fléchées vers des ressources pédagogiques et dont le montant varierait selon le quotient familial, sur le modèle adopté pour le paiement de la cantine.

Ainsi, l’école retrouverait l’un des piliers essentiels sur lesquels les enseignants ont besoin de s’appuyer pour gagner le temps précieux qu’ils consacrent à leurs élèves, et les parents renoueraient un lien naturel avec les apprentissages de leurs enfants.

À propos de l’association Les Éditeurs d’Éducation

Les Éditeurs d’Éducation est l’association interprofessionnelle des éditeurs scolaires, au service de la communauté éducative.

Elle regroupe Belin ÉducationBertrand-LacosteBordasCasteillaDelagraveÉditions DidierDocéoFontaine PicardFoucherGénération 5Le Génie ÉditeurHachette ÉducationHachette TechniqueHatierIstraJeulinLa Librairie des ÉcolesLelivrescolaire.frLT LanoreMagnardÉditions Maison des LanguesNathanNathan Technique – RetzLe RobertSEDRAPVuibert.

Contact Presse

Valérie BARTHEZ – 01 40 46 69 82
vbarthez@lesediteursdeducation.com

Suivez-nous sur Twitter @EditeursEduc

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