Syndicat national de l'édition

FAQ de l’édition scolaire

Les Éditeurs d’éducation

Quels sont les membres des Éditeurs d’éducation ?

BELIN ÉDUCATION – BERTRAND-LACOSTE – BORDAS – CASTEILLA – DELAGRAVE – DIDIER  –FONTAINE PICARD – FOUCHER – LE GÉNIE ÉDITEUR – GEP – HACHETTE – HATIER – ISTRA – JEULIN – LA LIRAIRIE DES ÉCOLES – LELIVRESCOLAIRE.FR – LT LANORE – MAGNARD – MAISON DES LANGUES – NATHAN – RETZ – LE ROBERT – SED – SEDRAP – VUIBERT

L’association représente-t-elle tous les éditeurs scolaires ?

Comme pour toute association à but non lucratif, l’adhésion n’est pas obligatoire. Des maisons d’édition peuvent faire le choix de ne pas être membre des Éditeurs d’Éducation.

L’édition scolaire et les programmes

Les éditeurs scolaires participent-ils à l’élaboration des programmes ?

En aucun cas. Mais il est vrai que les éditeurs guettent la publication officielle des programmes pour que les manuels bénéficient d’un travail pédagogique approfondi et soient disponibles à la date d’application d’un nouveau programme. L’association organise généralement avec le Ministère de l’Education nationale des rencontres entre les membres du groupe d’experts qui a conçu le programme et les éditeurs ou auteurs qui peuvent ainsi poser des questions, demander des éclaircissements.

La rédaction d’un nouveau programme – ou son actualisation – est décidée par le Ministre de l’Education nationale, qui la confie à un groupe de travail composé de chercheurs, d’inspecteurs, d’enseignants, de formateurs…
Le projet de programme est ensuite mis en consultation auprès des enseignants. Après prise en compte des observations du terrain, il est soumis pour avis au Conseil supérieur de l’Éducation avant d’être publié au Journal Officiel de l’Éducation nationale.

Les éditeurs scolaires ont-ils intérêt à des changements de programme fréquents ?

Non. La conception et l’édition d’un ouvrage supposent un investissement intellectuel et financier important :

  • intellectuel : si les programmes changent souvent, les éditeurs sont obligés de travailler dans la précipitation alors que le vrai métier d’éditeur consiste à prendre le temps de travailler un concept pédagogique, de le tester auprès des enseignants… pour l’améliorer et l’enrichir.
  • financier : un nouveau programme vient périmer d’un seul coup des collections bien implantées, alors que le succès du nouveau manuel n’est pas garanti..

Par ailleurs, si l’on considère que la 1e année – année d’envoi de spécimens – est une année « blanche » sur le plan économique, il faut plusieurs années de vente de l’ouvrage avant que l’éditeur n’en dégage un bénéfice. Ils n’ont donc pas avantage à ce que les programmes changent souvent.

Le renouvellement des manuels tous les 4 ans semble suffisant pour satisfaire les besoins des professeurs et des élèves : le matériel – quand il est utilisé- s’use, les manières d’enseigner évoluent, tout comme les données de certaines matières (notamment en sciences économiques, histoire et géographie), et les manuels doivent traduire ces évolutions. C’est aussi le moyen pour les enseignants de ne pas se lasser de leurs outils.

A titre d’exemple, dans le cadre de la réforme du baccalauréat et du lycée 2021, les programmes changent en seconde et première en 2019 et en terminale en 2020. La précédente réforme date de 2010.

Processus de production des manuels scolaires

Combien de temps faut-il pour faire un manuel scolaire ?

Pour la mise en oeuvre d’un nouveau programme, les éditeurs disposent généralement d’un délai de 12 mois entre la publication d’un nouveau programme et la mise à disposition de l’ouvrage entre les mains des élèves.

Ce qui n’empêche pas un travail de fond, commencé souvent en amont, et qui peut élever la durée de réalisation d’un manuel. Les manuels de langue, d’apprentissage de la lecture nécessitent souvent un minimum de 2 à 3 ans. Il s’agit, en effet, de transposer les résultats d’une recherche pédagogique en méthode d’apprentissage.

Qui sont les auteurs des manuels ?

Ils viennent d’horizons variés. On croit souvent que les auteurs sont issus de l’Inspection de l’Education nationale. En réalité, inspecteurs généraux, inspecteurs académiques, inspecteurs de l’Education nationale représentent moins de 7% des auteurs et directeurs de collection. L’éditeur a soin de constituer une équipe qui peut comprendre :
– 1 ou plusieurs enseignant (s) pour sa connaissance de la classe
– 1 expert pour sa connaissance de la discipline
– 1 inspecteur de l’Education nationale pour sa connaissance du terrain
– 1 formateur en IUFM en qualité de pédagogue

S’il y a quelques années encore, les éditeurs recevaient quotidiennement des projets d’ouvrages proposés par des enseignants, aujourd’hui, ce n’est plus le cas et ils doivent souvent aller repérer leurs futurs auteurs sur le terrain. Les projets sont montés en équipe, testés. Ces différentes étapes de validation permettent de consolider la démarche pédagogique et de renforcer son adéquation aux attentes des professeurs..

Y a-t’il une validation des manuels scolaires par le ministère de l’éducation ?

En France, il n’existe aucun organe officiel d’habilitation des manuels. Le Ministère de l’Éducation nationale n’intervient qu’en vertu des articles 4 et 5 de la loi du 27/2/1880 qui reprennent l’article 5 de la loi du 15/3/1850 pour interdire les manuels « contraires à la morale, à la Constitution et aux lois ».
La validation par le Ministère serait perçue comme une atteinte à l’indépendance des éditeurs privés, et comme une atteinte à la liberté pédagogique des enseignants qui choisissent les manuels

L’envoi en masse de spécimens aux enseignants pour le lancement d’un nouveau manuel peut être considéré comme un contrôle qualité effectué par les praticiens.

En quoi consiste le travail éditorial sur un manuel scolaire ?

Editer un manuel, c’est d’abord définir un projet pédagogique, et choisir l’équipe avec laquelle l’éditeur va le réaliser : enseignant-pédagogue, chercheur-expert, inspecteur, formateur.
L’éditeur est ensuite responsable du dialogue entre les membres de cette équipe, de leur coordination : ils doivent en effet s’entendre sur l’orde de présentation des notions, la part à leur consacrer dans l’ouvrage, la manière d’aborder tel concept, le choix des documents et de l’iconographie, les types d’activités à proposer… L’objectif est d’arriver au meilleur service pédagogique aux enseignants et aux élèves, dans un planning très contraint.

Combien coûte un manuel scolaire ?

Le prix d’un livre de primaire est d’environ 10€, un livre de collège : 15€, un livre de lycée : 25€. Ces prix s’entendent hors remises pratiquées notamment lors des achats par les collectivités locales, puisque le manuel scolaire est une exception à la loi sur le prix unique du livre (dite loi Lang).
Les manuels français sont beaucoup moins coûteux qu’aux Etats-Unis (il faut compter 28€ pour un livre de primaire) ou qu’en Suède (19€). En Hollande, le livre d’un lycéen coûte plus de 45€.

Les éditeurs scolaires sont-ils opposés au numérique ?

Absolument pas. Les éditeurs publient livres papier, livres numériques et ressources numériques. Tout cela est complémentaire :
– Le livre est un support de réflexion. Il structure les connaissances et constitue l’instrument des apprentissages fondamentaux. Il permet une information commune et l’accès de tous à un corpus de travail à la maison. Il offre des points de repère aux élèves, aux enseignants, aux parents…
– Le multimédia favorise la découverte, développe l’autonomie, permet de larges recherches, stimule la curiosité et incite à passer rapidement d’un sujet à l’autre.

Les éditeurs consacrent au développement du numérique des budgets significatifs en recherche et développement, mais la vente de ces produits ne correspond pour l’instant qu’à une part extrêmement réduite de leur chiffre d’affaires.

Manuels scolaires et pédagogie

 

Pourquoi lutter contre la photocopie ?

L’excès de photocopies est néfaste pour plusieurs raisons :

  • une raison pédagogique : le texte photocopié est souvent un extrait qui s’intègre mal au cahier de l’élève. Distribué au coup par coup, de qualité souvent médiocre, plus ou moins bien collé dans le cahier, il n’offre pas à l’élève la progression structurée qu’apporte un manuel, les repères des couleurs. Sa nature est mal identifiée (résumé, introduction…). La page isolée d’un livre est comme un extrait de film dont on n’aurait pas vu le début et dont on ne pourrait pas toujours voir la suite…
    Par ailleurs, avec des photocopies distribuées au jour le jour, l’élève est tributaire du maître et de la classe alors qu’avec un manuel au contraire, l’enfant gagne en autonomie, il va à son pas : avance ou au contraire revient en arrière.
    C’est pourquoi, le livre est, selon les pédagogues, les chercheurs et les praticiens, indispensable dans la scolarité pour structurer les savoirs, faire le lien entre l’école et la famille, et former des citoyens responsables et libres de leur jugement.
  • une raison juridique : le manuel est une création relevant du Code de la Propriété intellectuelle. Sa reproduction pour une utilisation collective est réglementée (cf. www.cfcopies.com)
  • une raison économique : le coût par page est élevé. Au prix du papier, il faut ajouter celui de l’achat et de l’entretien du photocopieur. Dans la durée, le total dépasse souvent celui de l’achat d’une série de manuels pour la classe.
  • une raison éthique : à l’heure de la protection de l’environnement, il faut rappeler que plus de 20% des arbres abattus le sont pour le papier. Par ailleurs les photocopieurs consomment de l’énergie et les cartouches d’encre doivent être recyclées car elles sont très polluantes.

Combien y-a-t’il de méthodes d’apprentissage de la lecture ?

On lit périodiquement dans la presse qu’il y a 150 méthodes de lecture. En réalité, une cinquantaine sont utilisées dans les classes de France, dont certaines ont été éditées il y a plus de trente ans.

Les livres de classe sont-ils conservateurs ou progressistes ?

« Ce que l’homme apporte dans le ménage serait bientôt gaspillé sans profit si la femme n’était pas là pour distribuer, conserver, ménager ».
Cette phrase d’un manuel de lecture publié il y a plus d’un siècle peut faire bondir… Pourtant, elle n’étonnait personne en 1896.
Travail, famille, patrie. Après la deuxième guerre mondiale, les livres scolaires sont encore marqués par la vision d’une France traditionnelle, rurale et nationaliste. Ils s’en affranchissent à la fin des années 60. La société change, les manuels aussi. À partir de 1970, en réaction contre les décennies précédentes, on verra même  » maman fumer la pipe  » et « papa faire la vaisselle ».
Aujourd’hui, les livres de classe affichent davantage de sérénité et d’équilibre. Est-ce à dire qu’ils ont atteint une parfaite objectivité ?
Sans doute pas. Le manuel reflète toujours une époque et des choix pédagogiques. Inscrit dans son temps, il en véhicule les valeurs.
Mais il faut reconnaître qu’auteurs et éditeurs ont déclaré la guerre aux stéréotypes, dans les textes comme dans les illustrations. Hommes et femmes, jeunes et vieux, noirs et blancs…
Les ouvrages actuels veillent à rendre compte de la diversité du monde. Une exigence qui réclame la plus grande attention, notamment quand il s’agit de rédiger les consignes des exercices.
À cette étape de leur travail, les auteurs risquent parfois d’oublier que, là aussi, ils transmettent une certaine image de la société. Ainsi l’auteur d’un livre de grammaire, s’est-il vu reprocher d’utiliser presque toujours le pronom personnel « il », au lieu d’alterner avec « elle »… et pourtant l’auteur était une femme.

Pourquoi et en quoi les manuels ont-ils changé depuis 30 ans ?

Les livres scolaires ont changé parce que les enfants, les classes et la pédagogie ont changé :

  • les enfants ont changé : peut-être plus curieux, plus actifs mais aussi moins patients, ils ont découvert le « zapping » notamment avec la télévision.
  • les classes ont changé : elles se composent d’enfants d’origines et de milieux sociaux très divers. Pour répondre aux besoins de chaque enfant, les enseignants s’orientent vers des pratiques pédagogiques différenciées. Le manuel doit les y aider.
  • la pédagogie a changé : autrefois, les leçons étaient apprises par coeur. Maintenant, les enfants ne font pas simplement travailler leur mémoire, mais acquièrent des savoir-faire et des méthodes. De nombreux documents permettent à l’élève d’être actif, de construire lui-même ses connaissances.

Les manuels ont donc dû évoluer : S’ils sont toujours structurés, clairs et attrayants, ils sont construits de façon moins linéaire. En moyenne l »iconographie occupe environ 50 % du contenu d’un manuel car les images sont devenues un moyen d’entrer dans le texte, de mieux le comprendre.

Pourquoi les manuels scolaires sont-ils taxés de « sexisme » ?

Le manuel reflète toujours les valeurs d’une époque. Après la deuxième guerre mondiale, les livres scolaires étaient encore marqués par la vision d’une France traditionnelle, rurale et nationaliste. Ils s’en sont affranchis à la fin des années 60.
Ainsi, l’image de la femme dans les manuels a suivi l’évolution de son statut dans la société : intégration dans la vie active, redéfinition des rôles familiaux, reconnaissance de l’égalité des droits… mais cette évolution est lente et les stéréotypes sont profondément ancrés dans les mentalités. Aussi le politique s’inquiète-t-il régulièrement de la question :
– En 1997, deux parlementaires (Simone Rignault et Philippe Richert) se sont penchés sur la présentation des hommes et des femmes dans les livres scolaires, soulignant que l’évolution des manuels était favorable.
– En 2000, Ségolène Royal, alors ministre de l’Éducation nationale, a demandé au Conseil National des Programmes d’étudier la place des femmes dans les programmes.
– En 2004, l’historienne Annette Wieviorka a rendu au Conseil économique et social un rapport sur la place pour les femmes dans l’histoire enseignée. Elle constate que cette place est limitée et contraste avec la richesse et les publications en matière d’histoire des femmes. Elle recommande une sensibilisation à la question :
– au cours de la formation des enseignants en IUFM ou au cours de stages de formation
– dans les documents d’accompagnement des programmes rendant compte des résultats des recherches historiques
– par l’édition d’outils (manuels de textes par exemple) permettant aux enseignants de nourrir leurs cours.
– En juin, 2005, l’Observatoire de la Parité entre les femmes et les hommes publie un rapport sur les « effets directs et indirects de la loi du 6/06/2000 : un bilan contrasté ».

Il reste donc des progrès à faire et la vigilance des éditeurs est toujours en alerte : les stéréotypes ont la vie dure et c’est en montrant la contribution des femmes dans la vie politique, économique, sociale et culturelle, que les manuels les combattent, jouant ainsi leur rôle dans l’éducation et dans la formation du citoyen.

 

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