Syndicat national de l'édition

Tout savoir sur le manuel scolaire

Une richesse de métiers

Pour éditer un manuel scolaire, plus d’une dizaine de métiers conjuguent leurs talents.

Les métiers de l’écrit

L’EDITEUR SCOLAIRE

L’éditeur scolaire est au service des enseignants et de leurs classes. Sa motivation essentielle : concrétiser une démarche pédagogique en un manuel efficace, qui rend service à tous.

Définir le projet éditorial : une exigence de conceptualisation

L’éditeur peut se trouver dans deux cas de figures :

  • Il veut compléter ou renouveler son catalogue, en élaborant un projet avec son équipe d’auteurs ou de nouveaux auteurs.
  • Plus rarement, il cherche à enrichir un projet qu’il aura reçu pour en faire un réel outil.

Dans le premier cas, la constitution d’une équipe avec formateurs en IUFM, inspecteurs et enseignants peut prendre du temps selon le projet, et les réseaux mis en œuvre.

Dans le second, le projet est plus à l’état d’ « idée d’auteurs » que d’un manuscrit ! Ce sera à l’éditeur de constituer l’équipe qui transformera cette idée en manuel.

Un projet éditorial donne naissance à un cahier des charges, sorte d’aide-mémoire incluant le calendrier préétabli. Il est réalisé par l’éditeur.

Un travail de coordination et de coaching

Une fois le concept défini et l’équipe constituée, vient le travail sur le plan de l’ouvrage, les chapitres et unités-types, formalisés par la maquette. Cette phase de concrétisation donne un éclairage nouveau sur les idées des auteurs : c’est souvent là que peut se révéler la faiblesse d’un projet. Outre le rôle d’intermédiaire entre les auteurs et le maquettiste, l’éditeur doit souvent pousser son équipe à aller au bout de son idée en se mettant « à la place de l’élève ». Les énoncés d’exercices sont-ils compréhensibles ? La progression pédagogique est-elle réaliste ? L’élève est-il suffisamment accompagné ? Mais l’éditeur étant vite trop impliqué pour garder le recul nécessaire, le projet est alors testé auprès d’enseignants.

Comme plusieurs auteurs rédigent un manuel, c’est d’abord le directeur de l’ouvrage qui veille à l’unité du manuel, à la variété des activités proposées, la clarté des énoncés. L’éditeur l’aide dans cette tâche en faisant circuler les informations, les choix de textes, d’activités, tout en accompagnant les auteurs, en les motivant. C’est sa capacité à coacher les auteurs qui permettra que les uns et les autres donnent le meilleur d’eux-mêmes dans un temps relativement court. Ténacité, exigence, diplomatie sont pour cela de précieuses qualités.

À la fin de ces échanges, le directeur de l’ouvrage et l’éditeur valident la cohérence d’ensemble du projet. Leur haut niveau de connivence est souvent le garant de la qualité pédagogique du manuel.

Une prise de risque

Mais éditer, c’est prendre un risque : l’éditeur ne sait pas toujours pourquoi un manuel qui marche bien une année ne sera pas adopté l’année suivante. Il sait simplement que les enseignants reçoivent les spécimens de chaque maison en même temps et ont peu de temps pour comprendre quel service un manuel va leur rendre ! Il faut donc à la fois rendre ce dernier attractif au regard et efficace dans la durée.

Une déontologie forte

Parce que les programmes d’enseignement traitent de questions parfois sensibles et parce que toute éducation touche des sujets qui interpellent d’une manière ou d’une autre son public, l’éditeur scolaire veille constamment à la qualité des textes, des documents, des énoncés qu’il propose dans un manuel. Comment aborder la Shoah, l’esclavage, la place des femmes dans la société ? Ce sont par exemple autant de questions que l’éditeur scolaire se pose régulièrement, avec difficulté : tel ou tel texte sera perçu différemment selon la sensibilité de l’enseignant qui le traitera en classe, selon le profil des élèves. Le manuel est une trace écrite, visuelle, dont l’éditeur est responsable.

Comment devient-on éditeur ?

Aujourd’hui, il existe des formations spécialisées, mais l’éditeur scolaire peut être un ancien enseignant qui, du travail de relecture, ou d’écriture, est passé à celui d’édition, ou tout simplement quelqu’un qui a le goût de la transmission des connaissances aux enfants et qui cherche à leur donner envie d’apprendre. Notons cependant qu’un éditeur en charge des manuels scientifiques a fait des études scientifiques.

L’EQUIPE D’AUTEURS

Elle est composée d’enseignants de terrain, de chercheurs, de formateurs.

  • L’enseignant de terrain, praticien avant tout, maîtrise parfaitement la discipline et le niveau concerné par l’ouvrage qu’il rédige. Il a éprouvé les contraintes d’enseignement dans la classe. La manière dont il aborde un programme a séduit l’éditeur.
  • Le chercheur complète cette approche par les résultats de ses travaux en pédagogie ou en didactique.
  • Le formateur, en relation constante avec des enseignants très différents connaît leurs besoins et leurs difficultés et fera en sorte que le manuel et le livre du maître y répondent.

On croit souvent que les auteurs sont surtout des inspecteurs de l’Éducation nationale. En réalité ils en représentent moins de 8%.

Il y a quelques années, les éditeurs recevaient quotidiennement des projets d’ouvrages et puisaient dans un vivier d’auteurs volontaires. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas et la recherche d’auteurs s’est complexifiée. De fait, l’enjeu est lourd pour l’auteur : le projet est partagé avec d’autres, confronté au regard d’autres enseignants de terrain, validé par l’éditeur. À ces contraintes s’ajoutent celles de l’échéancier. D’autant que la rédaction se fait le soir, les week-ends et pendant les vacances !

LE CORRECTEUR-RELECTEUR

Il vérifie les informations, traque les expressions erronées et les fautes d’orthographe.

LE SECRETAIRE D’EDITION

Il relit tous les documents proposés par les auteurs. Il enregistre les modifications qu’il a demandées. Il coupe ou il rallonge en cas de besoin du maquettiste.

LE RESPONSABLE DES DROITS TEXTES

Il négocie le paiement des droits qui permet de publier des extraits d’œuvres. En France, seule la reproduction de « courtes citations » est autorisée à titre gratuit. Quand les auteurs réutilisent des textes (de littérature, de sciences, etc. issus d’ouvrages ou de journaux) l’éditeur doit demander l’autorisation de reproduction à l’éditeur d’origine. S’il a l’autorisation, il s’acquitte d’un droit de reproduction dont une partie est ensuite reversée aux auteurs des œuvres reproduites. Le principe est le même pour la reproduction des images mais ce sont les agences photographiques qui recouvrent les droits. 

Les métiers du visuel

LE RESPONSABLE ARTISTIQUE

En liaison avec l’éditeur, il définit la charte graphique du manuel, c’est-à-dire tout ce qui est « visuel » et rend particulièrement attractif le contenu. C’est en effet la présentation du livre, sa mise en pages, (maquette, typographie) les principes, la qualité et la quantité des illustrations et de l’iconographie, qui font du manuel scolaire un « beau livre », susceptible d’éveiller la curiosité des jeunes et de faciliter les apprentissages.

L’ICONOGRAPHE

Que fait l’iconographe ?

L’iconographe est la personne qui, à l’intérieur d’une maison d’édition scolaire, recherche les images qui vont illustrer les manuels. Il opère des choix très variés (photos d’œuvres d’art, documents historiques, publicités…), pour toutes les matières (histoire, géographie, sciences, économie, langues etc.) à tous les niveaux. Pour cela il s’adresse à des agences spécialisées auxquelles il achète des droits de reproduction.

Les personnes qui ouvrent un manuel regardent avant tout les photos, c’est dire combien il faut tendre à la perfection ! En plus d’être très claire, très belle, colorée et de belle qualité – l’image doit être « riche » et « parlante » – les élèves doivent la « lire », la comprendre et la commenter. L’iconographe doit pouvoir se mettre à la place des élèves de tous âges ! 

Le documentaliste iconographe travaille en équipe avec l’éditeur, l’auteur, le directeur artistique et intervient presque dès le départ de la conception d’un manuel, au moment où un premier chapitre – qu’on appelle le chapitre-test – est proposé à un panel d’enseignants. Ceux-ci expriment ce qu’ils veulent voir dans un manuel, ce qu’ils y recherchent.

Quelles sont les qualités requises ?

Il faut « avoir un œil », un sens esthétique, de la curiosité, une bonne culture générale, de la rigueur pour gérer tous les crédits photographiques et demander les droits. Il faut aussi être rapide et efficace. Dans un manuel de Français de 2nde, par exemple, il peut y avoir 500 illustrations qui nécessitent le recours à dix ou vingt agences différentes. Or il est réalisé en quelques mois, en même temps que plusieurs autres manuels.

Quelle est la formation initiale ?

Il n’y en a aucune spécifique. Certains iconographes ont une formation d’histoire, de lettres, d’histoire de l’art ou un diplôme de l’École du Louvre ; ils peuvent aussi être documentalistes ou avoir travaillé en agence photographique.

L’évolution du métier :

Une évolution rapide ces dernières années. De la recherche de photos dans les bacs des agences (dont beaucoup ont disparu maintenant, et avec elles leurs archives), on est passé au travail sur ordinateur, aux recherches sur les bases d’images des agences, à la réception des images numériques en haute définition, à l’envoi des photos aux éditeurs. C’est le numérique qui a fait évoluer le secteur mais, si c’est un progrès en ce qui concerne la gestion des images, la qualité des photos a parfois baissé et peut entraîner des problèmes de format. Il peut être impossible d’agrandir une photo pour une double-page par exemple. Les iconographes ont presque tous une préférence pour l’argentique !

L’avenir de la profession :

Même s’il arrive qu’une personne ayant besoin d’une image aille directement la choisir sur l’internet, dans l’édition scolaire, on a besoin d’iconographes : il est difficile pour un non professionnel de se débrouiller dans la jungle des collections, et impossible de juger de la qualité d’une photo, en particulier quand elle doit être agrandie.

D’où viennent les photographies ?

Les photos viennent de Getty, Corbis, Hachette Filipacchi Photos [filiale cédée à Green Recovery ; vérifier l’actualité de ces sociétés] mais aussi d’agences très précieuses pour l’édition scolaire : Bridgeman-Giraudon, AKG, Roger-Viollet, Kharbine-Tapabor, Altitude, Bios, BSIP. Les iconographes travaillent également avec l’AFP, Reuters, MaxPPP, Sipa, des collectionneurs, des musées en France et à l’étranger etc.

LE MAQUETTISTE

Dans l’édition scolaire, le maquettiste est un artisan au service de la mise en page. D’une part, l’édition scolaire est un domaine contraignant du fait du programme à mettre en application, dans un nombre de pages bien déterminé. D’autre part, la maquette doit plaire aux enfants, ne pas les écraser, mais au contraire leur donner envie d’entrer dans le livre et faciliter leur apprentissage. Ce que le maquettiste propose n’est donc pas purement esthétique. Selon les disciplines, il sera fait plus ou moins appel à sa créativité. En histoire et géographie, par exemple, le maquettiste doit placer les documents dans l’ordre voulu par l’auteur.

Il intervient très tôt dans la conception d’un manuel puisqu’il prépare soit la double-page, soit le chapitre que l’éditeur soumettra aux enseignants dans le cadre de « tables rondes-tests ». Dans un premier temps, le chemin de fer (liste des contenus de chaque page du livre) d’un manuel est fait par l’éditeur et l’auteur. Le maquettiste, lui, s’occupera de la conception graphique de chacune des pages. Chaque démarrage est un peu difficile. Il faut en effet s’imprégner du manuel à faire sans avoir tous les éléments. 

La conception de la maquette est une phase délicate et fondamentale pour le projet éditorial : c’est en effet sa première concrétisation, et on constate souvent qu’un élément qui ne trouve pas sa place dans la maquette révèle une faiblesse du projet. Le maquettiste n’est pas spécialisé dans une matière ni sur certains niveaux, même si, par goût, il peut avoir plus d’intérêt pour l’une ou l’autre. Il travaille en relation étroite avec l’éditeur et l’iconographe, voire les auteurs.

L’ILLUSTRATEUR

Outre les photos, un manuel présente des illustrations spécifiques : par exemple, cartes, tableaux, graphiques, frises chronologiques, pour l’histoire et géographie, schémas en sciences, et même des couvertures de manuels.

Des illustrations pour expliquer

L’illustration de manuels scolaires vient à l’appui de la leçon et non pour distraire l’enfant. Dans le primaire, elle peut permettre une approche très ludique des notions. Pour y arriver, les contraintes sont fortes. Par exemple, l’illustration de manuels d’anglais doit être juste aussi bien pour ce qui est d’un décor – la visite de monument par exemple – que dans l’allure des personnages : les élèves doivent pouvoir s’identifier à eux, que ce soit à travers l’habillement, ou les attitudes. Il faut respecter le descriptif très précis des auteurs. S’il s’agit de Sydney, il faut vraiment que l’élève voit à quoi ressemble une rue de Sydney : le dessin doit permettre d’identifier la ville.

Un partenariat étroit avec les auteurs et le maquettiste

Concrètement, l’illustrateur rencontre d’abord l’éditeur qui lui fait faire un essai : par exemple, des crayonnés de tous les personnages qu’il faudra représenter ; si cette première étape se passe bien, l’illustrateur rencontre ensuite les auteurs. Ceux-ci précisent combien ils veulent d’illustrations pour chaque leçon. Pour chaque manuel, ce sont donc plusieurs centaines de dessins qui sont réalisés, en apportant les corrections demandées par les auteurs quand c’est nécessaire. L’illustrateur travaille également très étroitement avec le maquettiste, sur la question du format des illustrations, de leur disposition dans la leçon. Tout est réalisé sur ordinateur.

Les métiers de la fabrication

LE CHEF DE FABRICATION

Le chef de fabrication est un chef d’orchestre. Le chef de fabrication et ses équipes interviennent à toutes les étapes de la chaîne graphique. Ils font le lien entre, d’une part, les concepteurs et responsables du projet – les éditeurs et maquettistes – et, d’autre part, les différents fournisseurs, de « prépresse » dans un premier temps (studios de mise en page, compositeurs, photograveurs), puis les imprimeurs et les façonniers.

Etablissement du devis et choix des prestataires

Dès que l’éditeur commence à concevoir un manuel, il en informe le chef de fabrication. Celui-ci établit un premier devis en fonction du format, du nombre de pages, du nombre d’images, du façonnage, décidés par l’éditeur. Il choisit l’imprimeur en fonction de son prix et de la qualité de ses services, ou encore de son équipement, certaines rotatives convenant mieux à certains formats.  Les éditeurs scolaires font généralement appel à des imprimeurs en France, en Italie et en Espagne car s’adresser à des imprimeurs plus lointains, en Asie par exemple, poserait le problème du délai de transport, notamment au moment des réimpressions où il faut faire vite. Le papier provient souvent de Finlande, d’Allemagne, de France, parfois d’Asie (très rarement). Il est choisi en fonction de sa blancheur, de son grammage. Le tirage en quadri impose un papier de bonne qualité. Le chef de fabrication décide également de la reliure (couture ou colle).

Suivi de la fabrication

Dans l’édition scolaire, la contrainte forte est le calendrier : il faut compter trois à quatre semaines de délai chez l’imprimeur. Le premier tirage d’un manuel comprend au nombre de spécimens à envoyer et à l’évaluation des premières ventes. Il y a un deuxième tirage pendant l’été pour répondre aux commandes des libraires et des grossistes adjudicataires. Après l’impression, il y a le surfaçage, le façonnage et la livraison. Mais l’organisation des expéditions d’ouvrages vers les établissements scolaires dépend souvent d’un autre service. La fabrication est un métier qui a beaucoup évolué avec le développement des logiciels et les transformations de l’imprimerie où les rotatives sont de plus en plus grosses, de plus en plus automatisées : une production toujours plus rapide pour une meilleure qualité !

Les qualités requises

Pour faire ce métier, mieux vaut avoir un contact facile dans la maison d’édition (éditeur, maquettiste), comme avec les fournisseurs ; aimer le travail en équipe ; être rigoureux et organisé, savoir gérer des plannings ; aimer les chiffres pour les devis ; être curieux, pour suivre l’évolution des besoins des éditeurs comme de la technique.

Les formations

Il existe un BTS édition ou un BTS industrie graphique, une formation à l’école Estienne ou mais d’autres écoles encore proposent des formations adaptées.

LE PHOTOGRAVEUR

À partir du fichier informatique contenant texte et visuels, il fabrique les films photographiques qui vont permettre l’impression.

LE PAPETIER

Il fournit le papier à l’imprimeur. Pour alléger le poids des cartables, les manuels sont imprimés sur du papier de 70 gr/m2 et leurs couvertures sont souples.

L’IMPRIMEUR

Plusieurs étapes (tirage des films, montage, etc.) sont réalisées sur ordinateur. Une fois les films assemblés, l’imprimeur tire une épreuve de montage « ozalid » qui doit recevoir l’accord définitif de l’éditeur avant l’impression.

LE RELIEUR

Il reçoit le « bloc intérieur » de l’imprimeur et met en place les pages de garde entre le bloc de cahiers, la couverture qu’il fera, selon la commande, souple ou rigide.

Les métiers de la diffusion

LE DIRECTEUR COMMERCIAL

Grâce à son réseau de délégués pédagogiques, il connaît parfaitement le marché avant de lancer avec l’éditeur un nouveau produit. Il en assure la promotion et la vente. 

LE DELEGUE PEDAGOGIQUE

Il connaît parfaitement le terrain et informe l’éditeur des souhaits et critiques des enseignants. 

Ne manquez aucune actualité !

Abonnez-vous à la newsletter

Partager par email

S'identifier

Pas encore inscrit?

Vous êtes adhérent au SNE, demandez vos codes d'accès.

Vous êtes éditeur et vous souhaitez adhérer au SNE.

S'inscrire à cet événement.

Gérer mes inscriptions aux groupes & commissions du SNE

Désolé. Vous devez être connecté pour accéder à ce formulaire.

Modifier votre mot de passe

Suppression d'une offre d'emploi

Souscrire aux newsletters suivantes