Syndicat national de l'édition

L’histoire du manuel scolaire

Un vecteur culturel

Entre 1793 - date du premier décret relatif aux manuels - et maintenant, le manuel scolaire a évolué car il est le reflet des valeurs d'une époque, le reflet de la pédagogie préconisée par le ministère dans les programmes, le reflet des enfants qu’il contribue à éduquer.

L’édification morale

Quand la littérature scolaire naît, elle s’inspire de la littérature religieuse et adopte fréquemment la structure des catéchismes : une alternance de questions et de réponses qui permet la mémorisation des notions. Les ouvrages présentent une succession de courts récits choisis et classés dans la perspective d’une édification religieuse ou morale.
légende de l’illustration : le livre des enfants ou Idées générales et Définitions sur les choses dont les enfants doivent être instruits – Osmont, nouvelle édition 1728 – coll. de la Bibliothèque de l’INRP

Sous la Révolution, les livres élémentaires – tels qu’on appelle alors les manuels – s’appellent d’ailleurs catéchismes : catéchisme républicain, catéchisme du citoyen… Ils marquent la volonté de récupérer pour d’autres finalités un objet dont la fonction était manifeste.

Sous la 3e République, le travail est une vertu. L’image de l’instituteur dévoué et de l’écolier laborieux apparaît dans tous les manuels. Les manuels de lecture sont volontiers manichéens avec :

  • des héros positifs, vertueux auxquels tout engage le lecteur à s’identifier ;
  • des héros négatifs, méchants, vicieux ou malhonnêtes, tous voués à l’échec.

illustration

A.-F. Cuir, Les Petits écoliers, lectures courantes sur les qualités et les défauts des enfants, Hachette, 1879 – coll. de la Bibliothèque de l’INRP
Des personnages – tel l’instituteur, le maire ou le médecin – apparaissent dans les livres de classe pour renforcer, cautionner, légitimer le message éducatif.
Exercices et problèmes constituent autant de leçons de patriotisme, de morale et de civisme.

« Un quintal de bronze de canons est composé de 90 kilogrammes de cuivre et 100 kilogrammes d’étain. Quelle quantité de ces deux métaux faut-il pour faire un canon du poids de 700 kilogrammes ? »
(G. Bovier-Lapierre, L’arithmétique des écoles primaires, 1888)
« Un ouvrier gagne 6 francs par jour, mais chaque lundi, il passe son temps à l’auberge, où il dépense 4 fr. 25 en moyenne, il fume en outre pour 0 fr. 35 de tabac par jour. Combien ces déplorables habitudes lui feront-elles perdre pendant l’espace de 25 ans ? »
(A. Minet et L. Patin, Cours pratique d’arithmétique, Cours moyen, 1904)
« L’élève soulignera par un trait les voyelles qu’il trouvera dans les mots suivants :
France. Patrie. Nation. Famille. Drapeau. Obéissance. Mère. Espérance. Vertu. Charité. Capitale. Or. Citoyen. Courage »
(C. Augé – Grammaire – 1910)

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